Jeudi 10 juillet 2008
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Littéralement le terme guru (en sanskrit) veut dire : "celui qui dissipe les ténèbres".
Le guru en Inde est le maître spirituel.
Son rôle est d'aider l'aspirant à réaliser son but ultime : l'éveil de sa conscience, ou la réalisation du Soi.
La notion de maître spirituel est quasiment absente de la culture occidentale actuelle où prédominent le culte de la personnalité, la souveraineté de l’ego, le matérialisme et le rationalisme.
Le sens donné au mot gourou en France est totalement péjoratif.
Il désigne généralement un leader charismatique manipulateur officiant dans une secte plus ou moins dangereuse.
C’est un manque de respect envers la culture orientale dont la tradition spirituelle millénaire est d’une importance capitale pour l’humanité.
Cette caricature grossière du guru présenté comme un manipulateur pervers et démoniaque n’est pas seulement absurde, elle est aussi une manipulation intellectuelle malhonnête et dangereuse.
Il est désormais difficile pour une personne peu éclairée sur les faits religieux et spirituels, d’aborder sans préjugés la vision spirituelle de l’Inde.
Comment s’informer librement sur la signification culturelle, religieuse et spirituelle du guru ou maître spirituel, ainsi que son rôle dans la société, lorsque l’on est persuadé que ce terme
désigne un être malfaisant et manipulateur ?
Le respect de l’autre ne doit-il pas commencer par le respect de sa culture, de son histoire ainsi que de sa vision spirituelle et religieuse ?
Pourquoi un tel dénigrement ?
La tolérance n’implique telle pas de respecter l’autre dans ses valeurs et croyances même si par ailleurs on ne les partage pas ?
Donner une signification péjorative et dégradante à l’un des termes les plus respectés en Inde n’est certainement pas digne d’un pays comme la France qui se veut le chantre de la tolérance, de la
démocratie et du respect des droits de l’homme et des cultures.
Pour autant, d’un point de vue spirituel, il n’est pas étonnant que les choses se passent ainsi…
Il s’agit ni plus ni moins du combat perpétuel que se livrent l’ombre et la lumière.
Autrement dit, le combat de l’ego et de la conscience.
Le maître spirituel, dont le rôle est d’éveiller les consciences, est de ce fait le danger suprême pour l’ego.
Celui-ci le combat donc par tous les moyens.
Agir sur le manque de discernement, les peurs et l’ignorance sont les armes privilégiés qu’utilise notre ego.
Créer la confusion en caricaturant le guru tel un être sournois, manipulateur et calculateur, permet à notre ego de renforcer sa sacro-sainte souveraineté.
D’autant qu’il n’est pas difficile de trouver quelques êtres franchement égarés, ou tout au moins dans la confusion, se disant instructeurs, prophètes ou autres, et de les présenter comme s’ils
étaient représentatifs de ce qu’ils prétendent êtres.
Ainsi, utilisés comme des sortes « d’épouvantails » ces personnes remplissent parfaitement leurs rôles : susciter la dérision, la méfiance ou la crainte du maître spirituel.
Par ce subterfuge, l’ego a réussi à falsifier auprès de millions de personnes l’un des termes les plus respectés de la tradition millénaire de l’Inde.
Cependant, en cultivant son discernement, et en se libérant de tout préjugé, chacun à la possibilité de faire la différence entre l’égaré, le mystificateur et le véritable guru.
Amédée
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